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Hivernage du matériel agricole : protéger ses machines jusqu'au printemps

Hivernage du matériel agricole : protéger ses machines jusqu'au printemps

Une pompe de pulvérisateur fendue, un faisceau rongé, une rampe piquée de rouille. Ces pannes de printemps ont presque toujours la même origine, un hivernage bâclé à l'automne. Bien remiser ses machines ne demande pourtant ni outillage particulier ni journée entière par outil. Il faut surtout procéder dans le bon ordre et savoir ce qui mérite un passage à l'atelier pendant que rien ne presse.

Laver avant de ranger

Tout ce qui reste collé sur une machine garde l'humidité contre le métal pendant des mois. La terre sous le châssis, les débris végétaux coincés dans un carter, les traces d'engrais sur un épandeur font leur travail de corrosion en silence, et c'est en mars qu'on découvre le résultat. Le lavage de fin de campagne a un second intérêt, plus immédiat. Une machine propre montre ses défauts. Une soudure qui se fissure, un flexible qui frotte contre une tôle depuis le mois de juin sans que personne ne l'ait remarqué sous la poussière, tout apparaît au jet.

Le nettoyeur haute pression fait l'essentiel du travail, sans excès de pression. Près des connecteurs électriques et des joints de vérin, l'air comprimé fait moins de dégâts qu'un jet d'eau. Les résidus d'engrais et de produits de traitement, eux, se rincent avec soin parce qu'ils attaquent la peinture.

Sur une machine sèche, on retouche les éclats de peinture et on protège le métal nu (disques, socs, pièces travaillantes) avec une huile multifonction, une huile végétale ou une cire. Puis un tour à la pompe à graisse sur tous les graisseurs, juste après le lavage, chasse l'eau que le jet a poussée dans les articulations.

Le gel, d'abord dans les circuits

Un circuit de refroidissement complété à l'eau claire au fil de l'été a pu perdre une partie de sa protection. Par grand froid, c'est la durite ou le radiateur qui cède, parfois le bloc. Le prémélange John Deere Cool-Gard II tient jusqu'à -37 °C et se change tous les six ans, ou toutes les 6 000 heures si elles arrivent avant, d'après la fiche des liquides de refroidissement John Deere. Quand on ne connaît pas l'historique du circuit, un contrôle de concentration avant les premières gelées coûte peu. Sur les moteurs récents, pensez aussi à l'AdBlue, qui cristallise sous -11 °C et se stocke à l'abri du gel comme du soleil, dans son emballage d'origine.

Le pulvérisateur est la machine la plus exposée, parce qu'il garde de l'eau dans la cuve, la pompe, les filtres, la régulation et chaque tronçon de rampe. Avant la mise hors gel vient le rinçage de fin de campagne, encadré par l'arrêté du 4 mai 2017. Le fond de cuve peut être vidangé sur la parcelle traitée après dilution dans au moins cinq fois son volume d'eau, puis le rinçage extérieur se fait au champ. Jamais à moins de 50 mètres des points d'eau et des caniveaux, ni à moins de 100 mètres des lieux de baignade, des piscicultures et des captages d'eau potable. La page du ministère sur les effluents phytopharmaceutiques détaille ces conditions.

On coupe ensuite l'alimentation pour faire tomber la pression, on vide la cuve, les filtres et les points bas dans l'ordre prévu par le manuel. Si la machine ne dort pas dans un local hors gel, le circuit reçoit un antigel dosé selon son fabricant.

Ni le gazole ni la solution azotée ne font office d'antigel.

La console rentre au sec. Et puisque la machine est immobilisée, c'est le moment de programmer le contrôle obligatoire du pulvérisateur.

Gazole, batteries et rongeurs

Une batterie chargée ne gèle pas. Déchargée, son électrolyte se compose surtout d'eau et le bac peut se fissurer. Sur une machine immobilisée plusieurs mois, le coupe-batterie suffit souvent. Pour un remisage long dans un local froid, on la démonte, on la stocke au sec et on contrôle sa charge de temps en temps, parce qu'une batterie qui se vide lentement tout l'hiver finit par geler sans que personne ne s'en aperçoive avant le premier démarrage raté.

Le gazole non routier, lui, réserve une mauvaise surprise que beaucoup découvrent au premier matin de gel, quand le tracteur démarre, roule cent mètres et s'arrête. Seul le GNR de qualité hiver garantit une température limite de filtrabilité de -15 °C au plus, et celui acheté en été, encore dans la cuve en novembre, n'offre pas cette tenue. La paraffine cristallise et colmate le filtre. Un additif anti-figeant dosé selon son fabricant donne de la marge. Purgez aussi l'eau de condensation des cuves, car les esters méthyliques présents dans le GNR favorisent les dépôts.

Puis il y a les rongeurs. Une machine à l'arrêt leur offre un abri, et s'il reste du grain, de quoi manger. Ils s'attaquent au câblage comme aux courroies. Un faisceau dénudé, c'est un départ de feu possible le jour où l'on remet le contact. Le soufflage complet des moissonneuses et des ensileuses, menue paille comprise, est la meilleure prévention, avec un coup d'œil régulier aux machines pendant l'hiver.

Côté remisage proprement dit, les vérins se rangent tiges rentrées ou enduites de graisse épaisse, les flexibles des outils dételés restent suspendus, embouts protégés, et les pneus passent l'hiver gonflés un peu plus fort, ou la machine sur chandelles. Un hangar vaut toujours mieux qu'une bâche, et à défaut de dalle, des cales en bois valent mieux que la terre. Le constructeur Pöttinger reprend ces gestes dans ses conseils pour prolonger la vie des machines.

Profiter de l'hiver pour passer à l'atelier

L'intersaison est le seul moment où une machine peut rester immobilisée sans coûter une journée de travail. Autant en profiter. Les pièces d'usure des outils de fenaison se changent maintenant plutôt que la veille de la première fauche, et la moissonneuse se prépare à partir de ce que le nettoyage a révélé, avec notre liste de préparation avant la récolte.

Chez BPM Agri, cette révision porte un nom, l'Expert Check. Le diagnostic se règle sur la machine qu'on amène, tracteur, moissonneuse avec sa coupe, ensileuse, pulvérisateur ou presse, et chaque passage reste daté dans son suivi. Nos contrats d'entretien sont forfaitaires, ce qui transforme la révision d'hiver en rendez-vous prévu plutôt qu'en dépense subie. Les pièces repérées se commandent dans la foulée auprès de notre service pièces (Cool-Gard, huiles Plus-50 II et Hy-Gard, filtres, batteries, flexibles), avec livraison possible sur l'exploitation.

En Vendée, où BPM Agri a notamment des sites à Rocheservière, Sigournais et Sainte-Gemme-la-Plaine, la vidange de fin de saison peut même se faire sans déplacer la machine. Notre véhicule d'entretien rapide à domicile vient sur l'exploitation avec les huiles neuves, et son système GELIO récupère et stocke sur place les huiles de vidange. Ce service reste pour l'instant limité à la Vendée.

Réserver la révision d'hiver

Questions fréquentes

Le gazole non routier gèle-t-il ?

Il ne gèle pas à proprement parler, mais sa paraffine cristallise et bouche les filtres. Le GNR de qualité hiver est garanti jusqu'à -15 °C de température limite de filtrabilité. Celui acheté en été n'a pas cette garantie, d'où l'intérêt d'un additif anti-figeant avant les grands froids.

Faut-il débrancher la batterie d'un tracteur pour l'hiver ?

Sur une machine qui reste plusieurs mois à l'arrêt, oui. Le coupe-batterie évite les petites consommations qui finissent par la vider, et une batterie vide gèle bien plus facilement qu'une batterie chargée. Dans un local froid et pour un long remisage, mieux vaut la démonter et la stocker au sec.