Matériel de fenaison : faucheuse, faneur, andaineur et presse
Avant la première coupe, le matériel de fenaison mérite qu'on s'y arrête. Faucheuse, faneur, andaineur et presse forment une chaîne dont le maillon le plus lent fixe le rythme du chantier, et dont le plus brutal décide de la valeur du fourrage : une feuille de luzerne restée au champ ne reviendra pas dans la ration. Nous passons en revue chaque outil, de la faucheuse-conditionneuse à l'enrubanneuse et à l'autochargeuse, avec les repères qui servent vraiment à choisir, à savoir la largeur de travail, le débit de chantier, la puissance du tracteur et le taux de matière sèche visé. Nous terminons par les contrôles à mener sur une machine d'occasion avant de signer.
À la fauche, une herbe de prairie ne titre qu'autour de 15 % de matière sèche. Tout le travail qui suit consiste à l'amener au taux qui convient au mode de conservation choisi, et ce choix conditionne l'équipement : un ensilage d'herbe se récolte vite, à l'ensileuse ou à l'autochargeuse ; l'enrubannage demande une presse et une enrubanneuse ; le foin réclame plusieurs passages de faneur et un temps sec qui dure.
Chaque passage a un coût en qualité. Le fanage peut faire perdre jusqu'à 30 % des feuilles, l'andainage et le pressage jusqu'à 10 % chacun. Ce sont les feuilles, la partie la plus riche en protéines, qui partent en premier, et un éleveur qui vise un foin de luzerne ne s'équipe donc pas comme celui qui ensile du ray-grass.
| Mode de conservation | Matière sèche visée | Outils après la fauche | Repère de chantier |
|---|---|---|---|
| Ensilage d'herbe | Autour de 35 % | Andaineur, puis ensileuse ou autochargeuse | Brins de 4 cm si le fourrage est humide, moins de 3 cm s'il est sec |
| Enrubannage | 50 à 60 % (jamais sous 45 %) | Faneur, andaineur, presse, enrubanneuse | Enrubanner dans les 4 heures qui suivent le pressage |
| Foin | 85 % minimum au pressage | Faneur (plusieurs passages), andaineur, presse | Jusqu'à 30 % de feuilles perdues au fanage si les réglages sont trop agressifs |
La faucheuse ouvre le chantier. Le premier réglage à soigner est la hauteur de coupe : entre 7 et 8 cm sur une prairie de graminées, un peu plus haut sur la luzerne. Une coupe à cette hauteur laisse passer l'air sous l'andain, limite la terre ramenée dans le fourrage, facilite la reprise par le faneur et la presse, et ménage la repousse. Ne dépassez pas 10 km/h, pour laisser à la faune le temps de fuir.
Reste à trancher entre faucheuse simple et faucheuse-conditionneuse. Le conditionneur, à doigts ou à fléaux, griffe les tiges pour accélérer le séchage : le gain atteint 4 à 7 points de matière sèche par rapport à une fauche à plat. Sur des graminées, ce temps gagné peut sauver une coupe avant la pluie.
Les légumineuses obligent à nuancer. Sur une luzerne ou un trèfle, une faucheuse à plat perd 1 à 3 % de la biomasse, quand une conditionneuse à fléaux peut monter à 5 à 11 %, surtout en feuilles. Si vous récoltez beaucoup de légumineuses, le réglage compte autant que la machine : régime du conditionneur à doigts ramené vers 750 tr/min, tôle de conditionnement desserrée.
Pour couvrir de grandes surfaces, on associe une faucheuse frontale à une ou deux faucheuses arrière. Chez nos partenaires, Kuhn propose les faucheuses GMD et Pöttinger les Novacat, et la meilleure façon de comparer reste de les voir travailler dans une herbe proche de la vôtre, lors d'une démonstration au champ organisée par BPM Agri.
Le faneur étale et retourne le fourrage pour qu'il sèche de manière homogène. Il intervient tôt, le plus souvent le matin avant que la rosée ne disparaisse, avec un régime de rotor modéré et un avancement rapide : c'est la combinaison qui aère sans briser. Sur les légumineuses, dont les feuilles cassent dès qu'elles sèchent, le régime de prise de force gagne à descendre de 540 à 350 ou 400 tr/min avec un matériel agressif.
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Bon à savoir. Sur un fourrage de légumineuses, faner ou andainer l'après-midi coûte cher. Des essais conduits à La Jaillière, en Loire-Atlantique, et dans la Meuse ont mesuré 315 kg de matière sèche perdus par hectare quand le travail était fait le matin, contre 667 kg l'après-midi, avec une baisse de 1,8 à 2,8 points de matière azotée totale au lieu de 0,1 à 0,4 point. |
L'andaineur regroupe ensuite le fourrage en un andain calibré pour la machine de reprise. Il conditionne le débit de tout ce qui suit : sur des chantiers d'ensilage de luzerne suivis dans l'Ouest, le débit dépassait 6 ha/h quand le fourrage avait été andainé, contre 4 ha/h ou moins sans andainage. Calibrez-le sur la largeur du ramasseur de la machine qui suit.
Pour les exploitations de taille moyenne et les CUMA, l'andaineur double rotor à dépose centrale est un format répandu, avec des modèles comme le Kuhn GA 7501+ ou le Pöttinger Top 762 C. Les andaineurs à tapis forment une autre famille, dont le coût à l'hectare est plus élevé.
La presse à balles rondes travaille aussi bien le foin que la paille et l'enrubannage, et deux architectures coexistent. La chambre fixe produit des balles d'un diamètre constant. La chambre variable laisse choisir le diamètre depuis la console, pour adapter la balle au fourrage, à la manutention ou au client.
Chez John Deere, la presse à chambre fixe F441M ouvre la gamme. Les presses à chambre variable V451M et V461M couvrent les besoins polyvalents, et les V451R et V461R visent les gros volumes. Toutes travaillent avec une chambre de 1,21 m de large. Le tableau reprend les données publiées sur la fiche officielle de la presse V461M, et sur celles des modèles voisins.
| Presse John Deere | Chambre | Diamètre de balle | Ramasseur | Coupe |
|---|---|---|---|---|
| F441M | Fixe, 1,21 m de large | Constant | 2,0 ou 2,2 m | Sans couteaux ou 13 couteaux |
| V451M | Variable, 1,21 m | 1,00 à 1,65 m | 2,0 ou 2,2 m | Sans couteaux, 13 couteaux (80 mm) ou 25 (40 mm) |
| V461M | Variable, 1,21 m | 1,00 à 1,85 m | 2,0 ou 2,2 m | Sans couteaux ou 13 couteaux |
| V451R / V461R | Variable, 1,21 m | Plus de 1,85 m sur la V461R | 2,2 m | Jusqu'à 25 couteaux, sélection depuis la console |
Sur la V451R, l'automatisation tracteur-presse (Tractor Baler Automation) est livrée de série. Attelée à un tracteur John Deere ISOBUS doté d'un distributeur électronique, la presse arrête le tracteur quand la balle a atteint sa taille, ouvre la porte puis la referme après l'éjection : le chauffeur enchaîne en une action ce qui lui en demandait quatre. L'automatisation complète suppose une transmission IVT.
La presse à balles cubiques, elle, forme des balles parallélépipédiques faciles à empiler et à charger, un format recherché pour les gros volumes de paille et de foin. Pour les ensileuses et moissonneuses, voyez notre guide du matériel de récolte.
Derrière la presse, l'enrubanneuse scelle la balle sous film. On trouve des enrubanneuses à plateau tournant, des modèles à satellite, où les bobines tournent autour de la balle, et des combinés presse-enrubanneuse. Reste à reprendre et empiler les balles sans percer le film, avec une pince à balles sur un chargeur télescopique Kramer ou sur un chargeur frontal.
Une chaîne de fenaison se dimensionne sur la surface à faucher dans la fenêtre météo disponible. À titre de repère, une fauche grande largeur tourne entre 4 et 5 ha/h, jusqu'à 7 ha/h, avec des tracteurs de 180 à 240 ch qui font 100 à 150 heures de fauche par an. D'autres repères de débit figurent dans un guide pratique de récolte de l'herbe.
La largeur seule ne suffit pas : le faneur doit reprendre toute la largeur fauchée, l'andaineur doit former un andain que le ramasseur de la presse ou de l'ensileuse avale sans bourrer (2,0 ou 2,2 m sur les presses John Deere de la série V), et la presse doit suivre le rythme de l'andaineur. Mieux vaut renforcer le maillon le plus lent qu'élargir la faucheuse.
La puissance du tracteur découle de ces choix : une combinaison frontale et arrière réclame un relevage avant et une prise de force frontale, une faucheuse arrière seule ou un faneur se contentent de moins. Pour revoir la traction, notre guide pour bien acheter un tracteur d'occasion aide à cadrer le choix.
L'autochargeuse ramasse l'andain, le coupe et le transporte jusqu'au silo ou à l'auge dans la même machine. Les modèles courants affichent une capacité de 30 à 56 m³. À l'ensilage d'herbe, elle tourne en moyenne autour de 4 ha/h, contre 5 ha/h pour une ensileuse, mais elle évite la rotation de bennes qu'impose un chantier d'ensileuse. Elle convient aux élevages qui ensilent l'herbe en petites coupes ou affouragent en vert.
Une faucheuse ou une presse de quelques saisons peut encore servir longtemps, à condition de savoir ce qu'on achète. Sur une annonce entre particuliers, rien ne garantit que la machine a été entretenue, que le compteur de balles n'a pas été remis à zéro ou que la casse de l'an dernier a été réparée avec des pièces adaptées. Et en cas de panne, vous n'avez aucun recours.
Sur une faucheuse, regardez l'état du lamier (fuites, jeu des disques, couteaux et porte-couteaux), les protections, les boîtiers de renvoi et le conditionneur, dont les doigts ou les rouleaux s'usent. Sur un faneur ou un andaineur, vérifiez le jeu des toupies et des rotors, l'état des bras porte-dents, la piste de came de l'andaineur et le repliage hydraulique. Sur une presse, le ramasseur, les chaînes ou les courroies, les rouleaux et leurs roulements, le système de liage et l'électronique de la console méritent un essai en charge. Chez un concessionnaire, la machine passe par l'atelier avant la vente, son historique est connu et le service après-vente reste joignable une fois la vente conclue. Si vous changez aussi de tracteur, consultez nos points à vérifier sur un tracteur d'occasion.
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Bon à savoir. Les presses à balles rondes, cubiques et à enrubannage font partie des machines couvertes par l'Expert Check, le diagnostic BPM Agri adapté à chaque machine, avec un suivi daté de ses passages en atelier. Elle permet de partir en saison avec une presse contrôlée. |
BPM Agri est concessionnaire John Deere et Kramer, et travaille avec Kuhn et Pöttinger, spécialiste de la fenaison, du travail du sol et des semis. Toute la chaîne, de la faucheuse à la presse et au télescopique qui empile les balles, se trouve donc chez un même interlocuteur, en neuf comme en occasion. Nos 35 sites couvrent l'Ouest et le Centre, de la Vendée à l'Eure-et-Loir.
En pleine saison, une machine en panne doit repartir vite. Nos ateliers réparent et diagnostiquent les matériels John Deere et ceux des marques partenaires, avec des outils de diagnostic électronique et des pièces d'origine, et nos techniciens se déplacent chez vous pour les dépannages quand c'est nécessaire. Avant la saison, l'Expert Check permet de faire contrôler presses et tracteurs.
Vous pouvez aussi juger sur pièce : nous organisons des démonstrations sur le terrain pour mesurer les débits de chantier en conditions réelles. Au moment de l'achat, nos conseillers commerciaux étudient avec vous le financement, et notre article sur le crédit, le crédit-bail et la location vous aide à préparer la discussion.
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Visez 7 à 8 cm sur une prairie de graminées, et plutôt 8 cm ou un peu plus sur une luzerne. Cette hauteur laisse circuler l'air sous l'andain, ce qui accélère le séchage, limite la terre ramenée dans le fourrage et facilite la reprise par le faneur, l'andaineur et la presse. Elle favorise aussi la repousse. Une coupe trop rase salit le fourrage, dégrade sa qualité et retarde la coupe suivante.
Un foin se presse à 85 % de matière sèche au minimum. Pour l'enrubannage, la plage visée se situe entre 50 et 60 % de matière sèche, sans descendre sous 45 %, et la balle doit être enrubannée dans les quatre heures. Un ensilage d'herbe se récolte autour de 35 %. Au moment de la fauche, l'herbe ne dépasse guère 15 %.
La faucheuse-conditionneuse fait gagner 4 à 7 points de matière sèche par rapport à une fauche à plat, un avantage net sur les graminées destinées au foin ou à l'enrubannage. Sur les légumineuses, elle coûte davantage de feuilles : 5 à 11 % de pertes de biomasse avec un conditionneur à fléaux, contre 1 à 3 % pour une faucheuse simple. Si vous en récoltez beaucoup, choisissez un conditionneur réglable et réduisez son régime.
Une presse à chambre fixe forme toujours des balles du même diamètre, pratiques à enrubanner et à stocker. Une presse à chambre variable permet de choisir ce diamètre depuis la console : de 1,00 à 1,65 m sur une John Deere V451M et jusqu'à 1,85 m sur une V461M, dans une chambre de 1,21 m de large. La variable offre plus de souplesse quand une seule presse doit traiter foin, paille et enrubannage.
Tout dépend du fourrage et de la durée de stockage. Quatre couches suffisent pour des graminées jeunes consommées dans les six mois. Passez à six couches pour des graminées conservées plus longtemps ou pour une luzerne utilisée dans les six mois, et à huit couches pour une luzerne stockée au-delà, car ses tiges dures risquent de percer le film. Enrubannez dans les quatre heures qui suivent le pressage.